Bonheur en partitions aux Musicales de Mortagne

lundi 6 juin 2011



L'ensemble Gli Incogniti se produira en ouverture.

Dès le 2 juillet, les églises et les manoirs du Perche accueilleront six concerts sur trois week-ends. Une programmation éclectique allant du XVIe au XXe siècle.

« Nous avons tenté de mettre en place une programmation éclectique qui concernera toutes les époques du XVIe au XXe si ècle ». Ludovic Liberge, président de l'association des Musicales de Mortagne, n'a pas hésité à se lancer dans un programme qui ne peut que séduire son fidèle public.

Comme chaque année, il fera découvrir des églises mais aussi des manoirs, comme celui de Soisay, qui ajoutent un plus non négligeable à la qualité de la manifestation. Celle-ci se veut toutefois « résolument attach ée à la musique classique ».

L'ouverture de cette série de concerts se fera à Mortagne avec une violoniste baroque. Amandine Beyer, à la tête de son ensemble Gli Incogniti, proposera une relecture des Quatre saisons de Vivaldi. «Éblouissant, dynamique, mais rigoureux, l'enregistrement de cette interpr étation a obtenu toutes les r écompenses ».

Découvrir le luth

À Courgeon, Paul O'Dette permettra de découvrir le luth, instrument un peu oublié. Au programme, des compositions italiennes du XVIe siècle « maintenant inconnus mais faisant partie de l'âge d'or du luth ». Cet instrument peut, selon Ludovic Liberge, « concurrencer la voix humaine avec un son qui porte ».

Le troisième concert constituera un voyage musical. De Vienne jusqu'à Moscou, les musiques de l'Est, qu'elles soient juives, russes ou viennoises, seront évoquées à travers des partitions signées Rachmaninov, Prokofiev et Gustav Mahler, ce géant disparu il y a tout juste cent ans. « La grande intensit é de ces chants d'Est provient de la personnalité passionnée de l'artiste soliste ».

Dans l'église de Sainte-Céronne, le son de l'époque de Mozart sera restitué par la présence d'un piano-forte. Quant au concert, grâce au talent de Kristian Bezuidenhout, artiste sud-africain, « il sortira des sentiers battus ».

Le point d'orgue des Musicales ? Les musiques d'Amérique du Sud dans le prestigieux cadre du très beau manoir de Soisay. Le programme sera consacré en particulier au Brésilien Villa-Lobos et à l'Argentin Alberto Ginastera. « Dépaysement garanti », commente Ludovic Liberge qui annonce, pour cette soirée, une conférence donnée en prélude au concert par le musicologue Rémi Jacobs. Lequel vient d'écrire une biographie consacrée à Villa-Lobos. Quant à Wilhem Latchoumia, l'interprète, un disque de ses interprétations a été gravé et a reçu les plus hautes récompenses.

Le festival se terminera, bien sûr, à La Mesnière. Comme chaque année, les participants rendront « un hommage sentimental à Jacques Braud, le fondateur de l'association ». Au programme, un quatuor à cordes, les Sine Nomine, qui donnera en clôture du festival La jeune fille et la mort, l'un des ultimes chefs-d'oeuvre de Schubert.

Monique BÉGUIN